Je suis en retard, en retard

Ces derniers temps, il manque au moins deux heures à mes journées. Voire plus.

Entre le boulot, la môme, les sacs à broder pour Pokanel, le défi que je me suis lancée de faire une photo par jour, les articles pour la Photo pour les Nuls et mes heures de sommeil.

Important le sommeil.

En plus, dans l’immédiat (avant samedi), il faut que je mette la main sur une perruque rouge et que je paufine mon déguisement funky pour la Funky Town, que je finisse le ménage de printemps pour accueuillir la toulousaine la plus célèbre du oueb 2 (et son chocolat à la violette) et accessoirement que je fasse les courses aussi.

Et puis que je finisse mon album photo de mes vacances en Inde.

Et au lieu de ça je fais quoi? Je bidouille chez mon hébergeur de blog pour installer une galerie… et je passe une soirée à y mettre des photos.

C’est pas gagné…

Publicités

Riz et Coca Cola

Bon, finalement, j’ai pas d’amibes.

Je peux donc retourner en Inde le coeur léger.

Et toc, dans les dents! avais je envie de dire en sortant du labo à tous ces médecins au raisonnement simpliste. J’hésite presque à leur envoyé une copie de mes analyses à tous. Encadrée.

Entre Docteur House pour qui ça ne faisait pas un pli et Miss ophtalmo des urgences pour qui on ne peut pas sortir d’un restaurant indien sans choper un truc (alors après 3 semaines dans le pays, c’est presque étonnant que je ne sois pas au seuil de la mort).

Du coup elle va devoir réviser son jugement et admettre que la crème solaire que je m’étais balancé dans l’oeil le dimanche précédent n’est peut être pas si innocente que ça…

Par contre j’aimerai bien que tout revienne dans l’ordre dans mes intestins. Parce que le régime riz blanc/ coca cola ça va cinq minutes…

On achève bien les chevaux

Si ça te dérange pas, je continue avec mes histoires microbiennes. Parce que c’est pas fini. Loin de là…

Grâce à mes copines les amibes qui se sont visiblement bien réveillées, j’ai un abcès à l’oeil. Bon, ça va hein. c’est moins gore que ça en a l’air. J’ai juste un point blanc minuscule sur l’iris. Et ça picote un peu. Enfin, plus exactement, avant que j’aille aux urgences ça picoTAIT un peu.

Hier soir, donc, je me pointe aux urgences, je patiente (seulement) 3 heures et demie (d’ailleurs, à ce propos, M le Président, vous avez tout faux sur l’hôpital public, c’est pas en supprimant des postes que vous allez diminuer le nombre de malades) et au moment où j’envisageais plus ou moins de m’aménager un petit coin pour dormir, l’interne de garde me reçoit. Je lui raconte ma vie. Et comment j’ai sans doute des amibes. Et comment j’ai des lentilles de contact. Et comment hier soir j’ai vu le point blanc. Et fatal erreur, j’ajoute que non, pas du tout j’ai pas mal. Juste ça picote un peu quand le fond de l’air est sec.

Là j’ai senti que j’avais capté toute son attention. Parce qu’à son avis c’était pas du tout normal de ne pas ressentir une atroce douleur.

Alors, ni une ni deux il me colle brusquement une lumière puissante dans l’oeil. Tout autour de moi se met à ressembler plus ou moins à rond noir. Je suis quasi aveugle. Je hais cet homme.

Il me projette des gouttes dans les yeux. Non seulement je ne vois plus rien mais en plus ça commence à bruler sévère. Et là, apothéose, il attrape un outil pointu et commence à m’aspirer des bouts de liquide d’oeil.

A y est, il est content, j’ai hyper mal.

Toujours dans le brouillard, je l’entends parler de gouttes à mettre toutes les heures. Oui toutes les heures, même la nuit. Au moins jusqu’à samedi. Sur le coup je ne tique pas, je cherche surtout à retrouver un semblant de vision, n’importe quoi me va, même voir le mur en face, ça m’irait. Je focus à fond sur le mur et je loupe le passage où il explique un truc sur les gouttes qu’il faut mettre en plusieurs fois pour pas que l’oeil les rejette en pleurant. Enfin je crois que c’est ça. Je ne vois toujours pas le mur, je suis aveugle et l’autre il s’en fout il continue son speech. Mais la bonne nouvelle Madame, c’est que vous êtes venu à temps alors ça va se guérir facile. Ca va pas? Vous avez mal peut être?

Ah ben tu m’étonnes que j’ai mal, j’ai juste l’impression que tu viens de m’arracher le globe oculaire avec un scalpel rouillé

Connard.

Je te passe la description de moi errant à 22h00 sur le boulevard Sébastopol mon seul oeil valide écarquillé à la recherche de la pharmacie de garde puis à la recherche du métro, puis de ma station, de mon immeuble, de la clef, de serrure etc etc etc. Dès que j’ai pu j’ai collé 3 doses de gouttes géantes de bidule calmant et depuis ça va un peu mieux.

Sinon, les gouttes toutes les heures, même la nuit, ça se passe plutôt bien. Et non je ne suis pas du tout au radar ce matin, je te rappelle que je bois plus d’un litre de coca par jour.

Souvenir de voyage

Je viens de me souvenir que j’avais un blog. Ca tombe bien, j’ai un truc à vous raconter.

Depuis quelques semaines je me traine, épuisée, du matin au soir, la nourriture me rebute et je fais popo mou. Chouyo, comme moi, aura reconnu tout de suite ces symptômes charmants. P%tain moi qui croyais que la chimio leur avait explosée la face à mes amibes, je suis verte. (Au propre comme au figuré, pour le coup)

Enfin je ne suis pas sure. J’attends les résultats d’analyses. Mais pour Docteur House, ça a pas fait un pli. Inde= amibes. Ils sont d’un basique ces gens! Tu m’étonnes que personne me croit après quand je dis que j’en ai attrapé à Boston il y a dix ans (je te dis pas l’air effaré du médecin de l’époque lorsqu’il a lu les résultats d’analyses. J’étais sa seule patiente a avoir chopé du microbe intestinal récalcitrant sur le sol de l’Oncle Sam. Gloire.)

Enfin je suis passée quand même à la pharmacie, toper du medoc anti gastro. Dès fois que le diagnostique aurait été un peu hatif. Surtout qu’à part me regarder d’un regard effaré genre « elle va en Inde et elle s’étonne d’être malade au retour et ne consulte que 2 mois après – mais elle est inconsciente/folle/débile » (rayer la mention inutile) il ne m’a rien donné pour calmer mes spasmes intestinaux.

Et là, la pharmacienne a empli mon horizon d’espoir. J’ai découvert avec stupéfaction que m’enfiler depuis 2 semaines deux litres d’eau par jour et des yaourts en quantité industrielle était une grave erreur. Elle m’a fait son ordonnance à elle: bananes, carottes, riz, jus de pomme et un litre de coca par jour. Après 12h de cure je me sens déjà requinquée.